« La tour abolie », une fable cruellement saisissante de réalisme !

« La tour abolie »

Je me sens comme une naufragée agrippée à son pauvre rocher. A bout de souffle, la tête vide, la peur encore nouée au ventre, les muscles douloureux, je suis comme au bord du gouffre… Et pourtant, c’est échouée comme perdue dans mon salon que je me trouve.

La raison de cet état ? Je viens de terminer la dernière page du roman époustouflant « La tour abolie ». Une fable cynique de notre société que j’ai avalé en un souffle tant l’histoire et les personnages sont criants de vérité.

« La tour abolie » n’est donc pas un livre qui laisse indifférent. Au contraire, seuls les mûrs des étages supérieurs de cette gigantesque tour sont en marbre, alors que son socle, lui, se fissure.

Car à l’image de notre société où dans l’imaginaire collectif les élites sont en haut d’une pyramide de la réussite, et bien c’est en haut de la tour Magister dans le quartier de la Défense que travaillent le gratin, les ronds de cuir. Et plus on monte les trente-huit étages, plus on gravit l’échelle sociale. Au contraire, en bas, dans les sous-sols, dans les bas fond, on s’enfonce aux enfers du côté des bannis.

Et la tour Magister c’est un peu la tour de Babel des textes anciens, mais avec des personnages, beaucoup de personnages, d’une vérité et d’une profondeur rares.

L’auteur, Gérard Mordillat

Viscéralement engagé à gauche, l’auteur, Gérard Mordillat, donne vraiment à sa tour abolie un côté fin du monde très réaliste. Car dans cette société verticale où les humains de chaque étage ne se mélangent pas vraiment mais sont pourtant très interdépendants les uns des autres, il suffit d’un grain de sable pour que la machinerie se détraque.

Le caillou dans la chaussure de la tour, c’est une décision, une décision irraisonnée (comme le sont souvent les décisions hiérarchiques) qui met le feu au poudre : le directeur financier de la tour décide en effet de fermer le self pour récupérer de l’espace. Une décision parmi tant d’autres qui ne bouleverse par franchement le haut de la tour mais qui, dans les sous-sols, crée une véritable onde de choc. Car là, au fond du fond de la tour, là où la lumière n’arrive plus, vivent des hommes, à demeure, déjà morts socialement, et se nourrissant des déchets du self.

C’est alors la révolte, la révolte des enfers, la révolte des zombies venus des bas fonds de notre société et des bas fonds de la tour.

Une parabole des temps moderne

« La tout abolie » est une véritable parabole des temps modernes, chaque mot nous renvoyant à nos propres écueils sociaux. Chaque mot résonnant avec l’actualité, chaque mot alarmant face à nos déshérences. Et c’est vrai que dans cette tour où les humains vivent sans se regarder, il suffit d’un dysfonctionnement, pourtant anodin, pour créer le chaos.

Et puis « La tour abolie », c’est aussi et surtout des mots. Des mots qui font mal, des mots qui sautent à la figure. Avec son style si tranchant, si explosif, si millimétré, Gérard Mordillat arrive en effet à dresser une large galerie de portraits du grand patron au clochard déchu. Changeant de style comme on change d’étage, il nous fait trembler, rire, pleurer avec ses héros, sans jamais verser dans un misérabilisme facile.

C’est bon, c’est très bon. Cela réveille, secoue et donne envie d’aller voir un peu à chaque étage ce qui s’y passe !

Infos pratiques

« La tour abolie »

Gérard Mordillat

Paru le 23 août 2017 aux éd. Albin Michel

512 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 22,90 €

Crédit photos : Albin Michel

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« Votre commande a bien été expédiée », un roman délicieusement inclassable

« Votre commande a bien été expédiée », une couverture aussi étrange qu’intrigante…

Il y a des romans qui ne ressemble à aucun autre, des romans étonnants et sensibles à la fois, des romans surprenants, des romans inclassables. Et « Votre commande a bien été expédiée » est de ce genre là. Totalement, complètement inclassable…

Car qu’allez-vous trouvez derrière cette étrange couverture et ce titre tout aussi étrange ? Une histoire d’amour ? Certes, un peu, mais pas seulement… Une critique de la société ? Aussi, mais pas frontalement… Une histoire surnaturelle et un brin fantaisiste ? En effet, mais pas uniquement…

Et la liste peut ainsi se décliner de genre en genre, « Votre commande a bien été expédiée » ne ressemble vraiment à rien de ce que j’avais lu jusqu’à maintenant. Et c’est justement cette étrangeté, cette belle originalité qui fait tout le charme de cette histoire plaisante, bien rythmée et empreinte de beaucoup de poésie et de modernisme !

Bref, voilà un roman parfait pour les vacances, qui se lit facilement, et laisse, comme un bonbon doux, un goût agréable en tête…

 

Un avant gout de l’histoire…

« Votre commande a bien été expédiée » est un livre à tiroirs dans lequel se cache plusieurs niveaux de lecture qui se mêlent et s’emmêlent.

Il y a tout d’abord le fil rouge de ce roman : cette fameuse commande passée par Eugène en janvier d’une année triste, ressemblant aux autres années tristes de ce comptable un peu grisâtre qui vit seul dans son grand appartement comme le chantait le grand Charles (Aznavour). Là-bas, du côté de Saint-Jean-de-Luz, Eugène vit presque sa vie par procuration, trainant sur Internet pour regarder la vie des autres qui s’amusent et vibrent, tout en se rêvant plus botaniste que comptable.

Alors cette commande, cette fameuse commande d’une belle cocotte Irone en fonte de couleur rouge, elle met un peu de suspense dans la vie de ce solitaire… Mais quand arrivera-t-elle ? Car elle tarde, elle tarde vraiment à traverser la France de la Normandie aux Pyrénées sa commande… Une lettre type plus tard expliquant à Eugène que ce sont les conditions climatiques qui ont contribué à son retard de livraison, Eugène ne pense presque plus qu’à cette attente, insoutenable et vibrante. Tout aussi vibrante que la voix de Lucia, l’employée du service réclamation de la société Irone qu’il appelle régulièrement pour avoir des nouvelles de sa cocotte, mais aussi des nouvelles d’elle.

L’auteure, Nathalie Peyrebonne

Une nouvelle cocotte plus tard, au printemps, l’histoire aurait pu s’arrêter avec l’arrivée du colis tant attendu chez Eugène… Mais une autre histoire est née (et pas postale celle-là) entre ces deux âmes errantes dans leur vie. Eugène et Lucia se sont trouvées, sur fond de cocotte rouge, et tissent des liens de plus en plus forts.

Alors que ces deux là vibrent maintenant sur la même longueur d’onde, le monde, notre monde tourne de moins en moins rond, se mettant lui-aussi à vibrer… Le temps semble s’arrêter de courts instants, puis de plus en plus souvent. L’air se raréfie. Et les humains s’affolent devant leur univers qui vole en éclats de toutes parts… Tous ? Non, seuls les seniors d’une étrange émission de télé-réalité (qui certainement un jour sera réelle tant ce genre d’émissions repoussent, toujours plus, toutes formes de logique) gardent leur calme et leur cap, utilisant leur notoriété éphémère pour faire âcre quelques notion simples et pourtant essentielles en terme de respect, d’humanité ou d’écologie.

Bref, vous l’aurez compris, « Votre commande a bien été expédiée » ne ressemble vraiment à aucun autre roman. Et pourtant, qu’il est agréable à lire ! Bien rythmé, écrit avec beaucoup de douceur, de légèreté mesurée et un regard poétique, presque affectueux, sur le monde, cette histoire est un très bon livre pour cet été !

« Votre commande a bien été expédiée », un roman vraiment inclassable !

 

Infos pratiques

« Votre commande a bien été expédiée »

Nathalie Peyrebonne

Paru en juin 2017 aux éd. Albin Michel

224 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 16 €

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« La soeur du Roi », ou la vie romanesque d’une amoureuse lucide…

« La soeur du Roi »

C’est une femme magnifique, une princesse méconnue, souvent oubliée, que la furie humaine a conduit à l’échafaud à l’âge de trente ans tout juste, que je vous propose de découvrir aujourd’hui à travers un ouvrage magnifique : « La soeur du Roi », un roman historique d’Alexandra de Broca retraçant, avec beaucoup de féminité et de nombreux détails, l’histoire complètement romanesque de la Princesse Elisabeth, malheureuse (au vu de sa triste fin) soeur du Roi de France Louis XVI.

Et à peine tourné la dernière page de ce magnifique roman historique, je m’empresse de vous en parler avec, autour de moi, flottant encore dans l’air, les rires complices de la Princesse Elisabeth et de son grand amour pourtant interdit avec François Dassy, le botaniste du Jardin du Roy, un philosophe roturier épris de liberté, de culture végétale et de culture humaine.

Une histoire d’amour magnifique et épique, donc, comme un délicat fil rouge autour de la vie courte mais étourdissante d’Elisabeth de France, la plus jeune soeur du Roi. Une personnalité étonnante et complexe (comme le sont souvent les femmes) qui était aussi exubérante qu’éprise de religion. Qui était capable de tout par amour et pourtant fidèle jusqu’au bout à son frère, Louis XVI, et à sa noble famille. Qui était aussi belle qu’énigmatique. Qui était autant discrète que forte, sage qu’animée par un feu intérieur bouillant.

Et quoi de mieux qu’un beau et grand roman d’amour sur fond de la grande Histoire de France pour passer un bon moment de lecture ? C’est en tout cas ce que j’ai fait, avec délice, ces dernières heures, m’installant tranquillement dans mon canapé au coin du feu (et oui, la météo au Nord de la France n’aspirait pas vraiment au farniente au bord de la piscine) avec ce roman merveilleusement bien écrit « La soeur du Roi ».

Madame Elisabeth, 1788

 

Une femme lucide sur sa vie et son monde qui s’écroulent…

Et c’est tout d’abord la lucidité étonnante de cette jeune femme qui d’emblée interpelle. Car oui, véritablement, Madame Elisabeth est une toute jeune femme particulièrement lucide et clairvoyante.

Elle est d’emblée lucide sur son histoire d’amour terriblement compliquée (car interdite par les codes de l’époque) avec François Dassy. Bien sûr, Elisabeth ne peut s’empêcher d’aimer et de répondre à ses avances, mais elle sait aussi que tout les oppose, de leurs rangs de naissance à leurs idées.

Elle est aussi incroyablement lucide sur la destinée des Bourbons qui se délite sous ses yeux et sur l’incapacité de son frère, Louis XVI, à comprendre ce monde nouveau qui émerge. Elle sent, elle pressent la violence incontrôlable du peuple, bien avant les événements révolutionnaires de 1789.

Elle est aussi étonnamment lucide sur la force des idées de liberté et d’égalité qui bouillonnent dans la société française de l’époque.     Elle caresse d’ailleurs avec un mélange de peur et d’émerveillement les idées des Philosophes des Lumières que lui apportent son amoureux de roturier. D’une clairvoyance incroyable pour l’époque, Elisabeth comprend même qu’elle aurait pu faire sienne cette philosophie lumineuse si elle n’était pas née princesse.

La princesse en 1790

Elle est enfin terriblement lucide, marchant face à son destin, sans jamais sourciller, sachant pertinemment que son histoire est intiment liée au destin tragique de sa royale famille.

Oui, vraiment, la Princesse Elisabeth reste pour l’éternité une femme incroyable, une femme avant gardiste, une femme amoureuse, une femme étonnante qui mérite de retrouver la lumière.

Et c’est ce point, encore plus que l’histoire d’amour avec Dassy, qui m’a étonnée et bouleversée dans ce magnifique livre romanesque et historique à la fois, « La soeur du Roi ».

 

Infos pratiques

« La soeur du Roi »

Ecrit par Alexandra de Broca

Paru en juin 2017 aux éd. Albin Michel

416 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 22 €

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Retour réussi pour Jules !

« Le retour de Jules »

C’est un roman qui se lit en un souffle, avec des rebondissements à foison. C’est un roman qui ne laisse pas indifférent et qui, surtout, réussi à poursuivre une histoire tout en continuant à étonner.

Ce roman, c’est « Le retour de Jules » de Didier Van Cauwelaert. C’est surtout une ode au monde animal, à commencer par l’univers canin, puisque Jules est un… chien. Un bon gros chien qui endosse, une nouvelle fois de façon très savoureuse, le rôle de héros.

Bref, après avoir aidé les aveugles Jules, dans ce deuxième tome de cette saga qui a du chien, soigne maintenant les épileptiques. Et je le sais, dit comme cela, ce résumé peut paraître étrange et dérangeant. Et pourtant, ce roman est savoureux à souhait, décalé une fois de plus et vraiment enthousiasmant pour les vacances !

 

Mais qui est Jules ?

Si vous n’avez pas lu le premier tome des aventures de Jules (intitulé tout simplement « Jules » et paru en mai 2015 aux éditions Albin Michel), ou si vous avez besoin d’un petit rafraichissement de mémoire : Jules est donc, vous l’avez compris, un chien.

Le premier tome, « Jules », paru en 2015 aux éditions Albin Michel

Mais pas n’importe quel chien… C’est un chien guide d’aveugle à qui il arrive la pire chose pour lui : sa maîtresse retrouve la vue à cause (ou grâce, cela dépend des points de vue) à une opération de la cornée. Et voilà donc ce brave Jules frôlant la dépression, errant comme une âme en peine, puisque son but, son rôle, ce pourquoi il a été éduqué, sa raison d’être, son lien même avec cette maîtresse à laquelle il voue sa vie de chien n’existe plus…

Mais lui, Jules ne peut pas devenir un brave toutou jouant à la baballe… Il a besoin pour vivre d’aider l’autre, d’avoir ce sentiment très fort que l’autre compte sur vous. C’est pourquoi, dans ce premier tome, Jules va tout faire pour maintenir ce lien invisible qui existait avec sa maîtresse.

Nous voilà donc au début du deuxième tome, « Le retour de Jules », où c’est un peu retour à la case départ puisque Jules, en vrai chien altruiste, a compris que son rôle de chien guide d’aveugle n’a plus de raison d’être. Et c’est là que la créativité de Didier Van Cauwelaert est intéressante et étonnante puisque, l’air de rien, avec beaucoup de tact, il nous emmène avec Jules sur un autre terrain… Celui de l’épilepsie.

L’auteur Didier Van Cauwelaert

Notre brave labrador croise donc le chemin d’un enfant, épileptique, et apporte son soutien à ce petit garçon (qu’il ne veut pas lâcher) en détectant avant les humains ses crises.

Et nous voilà alors embarqué dans un univers un peu différent du premier tome (mais tout aussi passionnant), celui de la faculté canine de percevoir l’invisible pour les humains.

 

Un roman passionnant… 

L’intelligence d’écriture de Didier Van Cauwelaert est de nous faire découvrir, dans  « Le retour de Jules », un monde souvent méconnu : celui de l’épilepsie et de l’aide que les animaux peuvent apporter aux malades, à commencer par les chiens.

Dans ce deuxième tome (qui peut d’ailleurs être lu indépendamment du premier), les parents du petit épileptique décident en effet de faire suivre à Jules le programme de l’ESCAPE, une école cynophile sous l’égide de la Fondation Française pour la recherche sur l’épilepsie. Et c’est passionnant de découvrir à quel point les chiens sont doués d’un sixième sens hors du commun. A quel point aussi le lien entre l’homme et l’animal est si précieux, si tendre, si étonnant.

Enfin, personnellement, j’ai aimé au travers de ce roman distrayant et fort bien écrit, apprendre autant d’éléments que je ne connaissais pas… Car oui, je l’avoue, je ne savais pas qu’il existait des formations pour développer la faculté canine détecter les crises d’épilepsie avant même leur début. Je ne savais que les chiens étaient capables de détecter des signaux électro-magnétiques annonciateurs des crises. Je ne savais pas que les chiens pouvaient être formés pour agir en cas d’épilepsie. Et de le découvrir au travers de la plume, délicieuse, de Didier Van Cauwelaert, fut un vrai plaisir.

Bref, pour passer un bon moment cet été, découvrez « Le retour de Jules », un livre vraiment différent, un livre qui fait du bien, un livre distillateur de bonheur et de bonnes ondes.

 

Infos pratiques

« Retour de Jules »

Didier Van Cauwelaert

Paru en mai 2017 aux éd. Albin Michel

176 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 16,50 €

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« Manger dans ta main », un roman étonnant qui ne laisse pas sur sa faim !

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre comme « Manger dans ta main »… Un livre inclassable et étonnant qui secoue et bouleverse. Un livre surtout simple et très profond où l’auteure, Sophie Carquain, n’envahit pas tout l’espace littéraire, laissant de la place au lecteur pour s’inventer les blancs des silences et des points de suspension.

Bref, je viens de terminer « manger dans ta main », et je suis toute balonnée… Balonnée d’émotions, d’étonnement, de sourire aussi. Car au travers de cette histoire, l’auteure marche (avec brio) sur un fil littéraire audacieux entre la relation parfois complexe entretenue avec la nourriture et les relations tout aussi complexe entre les humains, à commencer par une mère et sa fille.

Et oser aborder les troubles alimentaires avec le sourire, il fallait oser le faire… C’est pourtant ce que réussi ce livre à la fois tendre et acéré, intelligent et profondément humain, touchant et drôle, gourmand et audacieux.

Je vous l’avais dit, « Manger dans ta main » est un livre inclassable ! Un livre dans lequel je me suis même prise d’affection pour un petit cochon… Une petite cochonne (ou plus exactement cochette) dont le destin m’a même émue aux larmes… Inclassable, je vous l’avais vraiment dit !

 

L’histoire en quelques mots…

Pas facile donc de vous résumer en quelque mots cette histoire, tant en fait il y a plusieurs histoires qui se superposent (un peu comme un énorme lille feuille littéraire) dans ce roman étonnant…

L’auteure

En fait, Sandra est la mère de Luisa. Mais entre ces deux là, les relations ne sont pas simples, chacune cherchant à décontenancer l’autre dans un étrange jeu de séduction et une quête d’amour filial tout aussi étrange.

Alors, lorsque la fille présente à sa mère sa nouvelle compagne qui n’est autre qu’une petite cochette (un cochon femelle) d’élevage baptisée Rose en l’honneur de sa couleur, l’accueil maternel est plus que glacial. Il faut dire en effet que tout (semble) opposer la mère et la fille. Sandra, la mère est une citadine convaincue, éminente psy à Paris et dévouant sa vie à soigner de jeunes ados anorexiques. Quant à sa fille, Luisa (la mère adoptive de Rose), elle ne rêve pas de gloire, de réussite et de ville, mais au contraire de campagne, de solitude et de tranquillité, au point de s’être retirée au fin fond de son Algarve natale… en compagnie désormais de Rose.

Alors bien sur, lorsque Sandra voit sa fille couvrir de mille attentions cette étrange Rose, cela l’agace au plus au point, et les piques acérées fusent…

La suite, tout aussi étonnante et décalée, je vous laisse la découvrir dans ce très très bon livre « Manger dans ta main », un livre délicieux comme un bonbon à la rose, doux comme les pétales de Rose et étonnant comme une petite cochette d’élevage.

Un livre où le texte comme l’histoire vous emporteront !

 

Infos pratiques

« Manger dans ta main »

De Sophie Carquain

Paru en mars 2017 aux éd. Albin Michel

313 pages

Dimensions : 20,5 cm x 14 cm

Prix : 21,90 €

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« Equateur », un roman d’aventure qui va vous emporter très loin…

Fermez les yeux quelques instants… Et imaginez vous sur le sol américain, loin, très loin, dans les immenses plaines encore presque vierges de la seconde moitié du XIXe siècle.

C’est en fait l’invitation que nous fait Antonin Varenne dans son roman époustouflant « Equateur ».

Et après l’étonnant « Trois mille chevaux vapeur » (un livre que j’avais adoré), l’auteur confirme véritablement avec « Equateur » sa maestria pour nous concocter des romans passionnants et novateurs, à mi chemin entre le roman d’aventure, le polar, le western, le roman de guerre et, aussi, le roman qui vous chamboule intérieurement.

 

Une histoire délicieusement haletante…

Et c’est en découvrant le personnage central de ce roman, de son vrai nom Pete Ferguson (mais qui se fait appeler Billy Webb), que l’on prend conscience du côté étouffant et prenant de ce roman aux accents de polar. Car Pete est tout sauf un homme tranquille.

En fuite, il fuit le monde des hommes qui le poursuit mais il fuit aussi sa propre vie. Errant, perdu et acculé, il atterri donc presque par hasard dans le Far West américain qui vibre et s’étourdit, secoué par la fièvre de l’or. Là, dans ces villes qui se créent au moindre filon de pépites et disparaissent tout aussi vite, là, dans ces grandes plaines dont l’immensité résonne désormais du passage des trains à vapeur, Pete se fait embarquer plus ou moins malgré lui dans ce tourbillon, cette fièvre de l’or.

Il laisse alors derrière lui les bisons et la chasse dangereuse, pour mettre le cap sur le Mexique puis le Guatemala. Avec un but ultime : rejoindre l’Equateur. Cet Equateur qui le fait rêver, qui semble être pour lui le lieu de la rédemption, de l’oubli, d’une renaissance.

 

Une invitation aux voyages…

C’est donc la pérégrination d’un homme que l’on va suivre au fil des pages, s’extasiant ainsi devant des paysages somptueux, dans une nature qui souvent nous dépasse. Et oui, franchement, avec « Equateur », c’est une odyssée américaine à laquelle nous invite l’auteur, le tout magnifiée par son écriture riche, luxuriante et précise.

L’auteur

Au fil des pages (que l’on a du mal à quitter), on imagine la luminosité du ciel, la moiteur de la terre, l’odeur des chevaux et de la poudre, la beauté de l’or, la fièvre des hommes, les couleurs des pays traversées… C’est étourdissant et envoûtant à la fois !

 

Pourquoi j’aime ce livre ?

Dans cette histoire qui va aussi vite que ce continent américain en plein bouleversement, j’ai aimé découvrir la vie de ce héros qui n’en est pas un, de ses rencontres (particulièrement l’indienne Xinca, Maria), de ses peurs, ses espoirs… J’ai aimé aussi cette notion de quête, de quête absolue, enivrante.

« Equateur », c’est un roman étonnant, très bien écrit, qui ne connaît aucun temps mort, nous embarque du début à la fin avec un final ô combien puissant.

Bref, « Equateur », c’est une balade forte dans le temps à vivre sur le continent américain !

 

Infos pratiques

« Equateur »

De Antonin Varenne

Paru en mars 2017 aux éd. Albin Michel

350 pages

Dimensions : 22,5 cm x 15,5 cm

Prix : 20,90 €

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Je cuisine gourmand avec les laits végétaux et un velouté de carottes au lait de sarrasin et au cumin

imagesttAmande, soja, riz, millet, avoine, châtaigne, coco… Les laits végétaux sont de plus en présents dans la cuisine et la pâtisserie. Ils offrent une grande variété de goûts et permettent de revisiter les préparations sucrées mais aussi salées. Ils permettent aussi, par conviction ou pour des allergies au lait animal, de redécouvrir autrement le plaisir des laitages.

Alors voici juste pour vous une petite recette de saison succulente et très facile à réaliser…

 

Le velouté de carottes au lait de sarrasin et au cumin

Préparation : 15 mn env. Cuisson: 35 mn env.

Ingrédients pour 4 personnes :

  • 500 g de carottes (de préférence bio et non lavées)
  • 2 échalotes (si vous préférez quelque chose d’un peu plus « doux » au goût, mettez-en uniquement une)
  • env. 70 cl d’eau (1 bon verre à moutarde)
  • 20 cl de lait de sarrazin
  • 1 cuillère à soupe de cumin moulu
  • 1 petite poignée de graines de cumin (la quantité est à déterminer en fonction de vos goûts)
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • Sel, poivre
  • Il est possible, en fonction de vos goûts, d’ajouter aussi 1 feuille de laurier, voir un cube de bouillon de légumes.

La recette : unknown

Lavez et épluchez les carottes puis coupez-les en rondelles. Vous pouvez aussi, si vous avez envie d’avoir encore plus le goût de la carotte (et surtout si elles sont bio), de ne pas les éplucher mais de les gratter simplement.

Epluchez les échalotes et hachez les.

Dans une casserole, faites chauffer l’huile d’olive, ajoutez les rondelles de carottes et les échalotes hachées, et laissez cuire doucement pendant 5 mn en remuant.

Ajoutez l’eau dans la casserole de façon à ce que les carottes soient à peine couvertes. Puis posez un couvercle et laissez mijoter environs 30 mn à feu très doux.

Une fois que les carottes sont cuites, ajoutez (hors du feu) le lait de sarrasin. Puis passez la préparation au mixeur pour obtenir un velouté onctueux. Mixez jusqu’à avoir la consistance souhaitée.

Ajoutez ensuite le cumin moulu, une pincée de sel et un peu de poivre.

Mettez les graines de cumin dans une petite poêle et faites les chauffer sans ajouter de matière grasse. Faire chauffer quelques minutes (cela a duré 3-4 mn pour moi) à feu moyen en mélangeant jusqu’à ce que l’arôme de cumin se dégage bien.

Le lait de sarrasin est intéressant pour ce petit goût de noisette

Le lait de sarrasin est intéressant pour ce petit goût de noisettes

Versez directement dans de jolis bols (ou assiettes creuses) le velouté de carottes et parsemez de quelques graines de cumin. Puis servez directement.

C’est un délice !

 

Le lait de sarrasin en quelques mots…

Le lait de sarrasin est un lait végétal reconnaissable à son petit goût de noisettes. Savoureux, subtile, onctueux, riche en protéines végétales, sans gluten, c’est une très bonne alternative au lait animal, que ce soit par conviction ou pour des raisons d’allergies.

De plus, le sarrasin est un aliment très intéressant, particulièrement pour sa forte teneur en magnésium : le sarrasin apportant plus de 230 mg de magnésium pour 100 g seulement. Et quant on sait que le magnésium est un élément essentiel pour notre organisme, on en redemande ! On trouve désormais assez facilement du lait de sarrasin : dans les boutiques bio, sur le net et même dans les grandes et moyennes surfaces qui font de plus en plus de places dans leurs rayons aux laits végétaux.

Comme tous les laits végétaux, le lait de sarrasin est d’origine végétale. C’est donc un aliment très complet, riche en vitamines, en sucres simples en fibres et en minéraux. Qui, et c’est très intéressant, ne contient ni cholestérol, ni graisses animales.

 

« Je cuisine gourmand avec les laits végétaux »je-cuisine-gourmand-avec-les-laits-vegetaux-riz-avoine-soja-coco

L’idée de vous présenter cette délicieuse recette de saison (plébiscitée par ma marmaille) m’est venue après avoir découvert un livre de recettes sorti aux éditions Albin Michel : « Je cuisine gourmand avec les laits végétaux ».

Moi qui suis plutôt curieuse en matière de laits végétaux (mais qui ne suis pas une grande connaisseuse), j’ai donc découvert dans ce livre qu’il existait un très grand nombre de laits végétaux (à commencer par le lait de sarrasin que je ne connaissais pas) avec, chacun, des propriétés et des goûts différents. Les laits de sarrasin, d’épeautre, de riz, d’avoine, d’amande, de coco, de noisette, de millet, de châtaigne, de soja, de noix de cajou et d’okara, avec ce petit livre de recettes, toutes les folies sont désormais permises !

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Et puis j’ai surtout découvert une foule de recettes (75 recettes au total), souvent très faciles à réaliser et avec des produits simples à trouver, pour varier les plaisirs gustatifs de ma petite famille. Cette recette de velouté de carottes au lait de sarrasin et au cumin a donc rencontré un franc succès auprès de mes bambins, tout comme le soufflet au chocolat (coup de coeur de mon cher et tendre) et la mousse au chocolat à la crème de noisette, ou encore la glace au pralin et lait d’amande (juste extra), ou même la brandade de morue au lait d’avoine (étonnante).

J’aime aussi particulièrement les idées plus originales de recettes dénichées dans ce livre pour étonner mes convives. Je dois même vous avouer, sans fausse modestie, que mon pudding aux graines de chia et au lait d’amande a étonné mes beaux parents, sans parler de ma soupe de curry au tempeh frit et au curry au lait de coco qui a scotchée ma bande de copines. Sans oublier le très étonnant et délicieux mélange des saveurs avec le smoothie vert aux épinards, avocat et céleri et lait de noisette.

Quant à moi, mon petit coup de coeur personnel va sans hésiter pour les galettes soufflées au Roquefort et au lait de noisette, délicieusement craquantes.

ob_95313f_jecuisinegourmandacleslaitsvegetaux-reEt ce soir au repas ? Et bien, chez nous, ce sera clafoutis aux artichauts et au jambon et au lait de millet, puis Flognarde aux poires et au lait d’avoine. Miam !

Très bien pensé, très riche d’informations, ce livre de recettes « Je cuisine gourmand avec les laits végétaux » comporte aussi une partie très intéressante (et plutôt facile à comprendre pour les non-initiés comme moi) sur la nutrigastronomie. En clair, l’idée de repenser ce que nous mangeons pour être plus en accord avec soi-même et avec la nature.ob_de73e6_jecuisinegourmandacleslaitsvegetaux-re

Enfin, mentions spéciales aux magnifiques photos très alléchantes illustrant chaque recette. Et à la première partie très intéressante où j’ai pu découvrir des méthodes de bases et des trucs très simples pour fabriquer moi même mes laits végétaux maison.

Que vous soyez totalement adepte de ces laits végétaux ou, plus comme moi, que vous ayez envie de varier les goûts au quotidien, ce petit livre de recettes  « Je cuisine gourmandss avec les laits végétaux » offre une mine d’informations précieuses. A découvrir !

« Je cuisine gourmand avec les laits végétaux »

De Ulrike Skadow, paru en octobre 2016 aux éd. Albin Michel, 160 pages, 75 recettes. Dimensions : 17,2 cm x 22,5 cm. Prix : 15,90 €.  

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