L’art d’être parents séparés, c’est tout un art !

"L'art d'être parents séparés"

« L’art d’être parents séparés »

En France, chaque année, 125 000 couples avec des enfants divorcent ou se séparent, et ce chiffre va malheureusement en augmentant constamment, touchant toutes les catégories de couples, qu’ils soient mariés, Pacsés ou en union libre.

Alors, comment gérer, réussir même, à mettre en place une nouvelle vie avec les enfants après une séparation, souvent éprouvante ?

C’est une des questions cruciales qui hante les parents vivant cette situation, souvent douloureuse. C’est pour cette raison que nous vous proposons quelques conseils pour « réussir sa séparation », surtout avec des enfants.

Et tous ces précieux conseils, nous les avons puisé dans un très bon livre qui vient de sortir aux éditions Albin Michel et qui est une vraie mine d’informations souvent simples, logiques même, et souvent assez faciles à mettre en place : « L’art d’être des parents séparés ». Car oui, c’est possible de réussir sa séparation  avec des enfants.

 

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Comment réussir sa séparation ?

En fait, la base même d’une séparation « réussie » (ou au moins vécue le plus sereinement possible avec des enfants, pour les enfants et par les enfants) est liée à plusieurs conditions essentielles.

La première notion évidente (même si, j’en conviens, elle n’est pas toujours évidente à mettre en place dans une situation difficile à vivre de séparation) est de ne jamais déprécier l’autre parent devant les enfants.

Et ce, quelques soient les rancœurs, les déceptions, les colères (passées ou actuelles) que l’ont peut ressentir pour cet autre qu’on a pourtant tant aimé.

Essayer de ne pas critiquer ou déprécier l'autre parents devant l'enfant

Ne pas critiquer ou déprécier l’autre parent devant l’enfant

En effet, une séparation est une histoire d’adultes qui bouleverse assez les enfants (dans leur équilibre, dans leurs habitudes de vie, dans leur structure familiale…) pour ne pas, en plus, se livrer à ce jeu pervers de critiquer l’autre parent devant les enfants.

Bref, même si vous avez des reproches (légitimes ou pas) à faire à l’autre parent, même si vous avez des problèmes à régler avec lui en matière de comportements envers vous, mais aussi en matière de positionnement par rapport aux enfants (choix d’éducation, retards, attitudes, vocabulaires, fréquentations, activités,  scolarité…), il est essentiel de régler ces problèmes et d’avoir ces explications hors de la présence des enfants. Et de ne jamais se laisser aller à se disputer ou à critiquer l’autre devant les eux.

Si par hasard, un mot dépassait l’autre et le ton montrait trop fort, il est important ensuite de discuter au calme avec l’enfant pour le rassurer et lui expliquer que ses parents restent ses parents et qu’ils l’aiment toujours.

Eviter de se disputer en présence de l'enfant

Eviter de se disputer en présence de l’enfant

De même, il faut aussi éviter d’impliquer les enfants dans ces histoires d’adultes qui se séparent et de ne pas leur demander, plus ou moins explicitement, de prendre partie pour l’un ou l’autre, voir que l’enfant en arrive à critiquer les actions de l’un de ses deux parents.

Bien sûr, ce n’est pas si simple, mais en laissant les enfants hors du conflit de leurs parents, c’est ainsi qu’il sera possible de les préserver au maximum et de les laisser le plus possible indemnes de ce bouleversement de vie.

 

Résidence alternée ou pas ? 

Autre point important évoqué dans ce très bon livre, très pratique, très clair, didactique et ne portant aucun jugement sur une situation déjà douloureuse de séparation, « L’art d’être parents séparés » : le choix de l’organisation de la vie des enfants après la séparation. Avec un zoom particulièrement intéressant sur la résidence alternée qui concerne tout de même aujourd’hui 17% des cas en France. Un chiffre d’ailleurs équivalent à ce qui se pratique en Europe et dans l’ensemble des pays occidentaux.

Actuellement, même s’il n’y a pas de règles « automatiques », les juges ont en effet tendance à proposer ce mode de garde alternée entre les deux parents après les 6 ans de l’enfant, estimant qu’avant le petit est trop jeune pour assimiler les notions de deux maisons, de deux chambres, de « déménagements incessants »…

Maintenir un cadre de vie rassurant

Maintenir un cadre de vie rassurant

A nouveau, il y a des « clefs » pour faire en sorte de trouver pour l’enfant le meilleur mode de vie après la séparation.

Alors, comment aider un enfant à vivre au mieux en résidence alternée ? Ou même à vivre au mieux ces réparations le temps d’u week-end ou de vacances ?

Car ce n’est en effet pas toujours évident pour l’enfant d’avoir ainsi deux lieux distincts de vie. Les repères de l’enfant étant plus difficiles à appréhender et ce, même si, de façon régulière il retrouve l’un ou l’autre de ses deux parents.

Ainsi, que l’enfant soit en résidence alternée, ou qu’il soit un week-end sur deux et une partie des vacances chez l’autre parent, l’idée essentielle pour réussir sa séparation avec des enfants est de ne pas chercher à savoir ce qu’il a vécu dans l’autre maison. Certes, il est possible de lui poser des questions… Mais il est aussi important de respecter les silences de son enfant sur cette « autre » vie. En posant trop de questions (même si elles sont très légitimes), l’enfant pourra se sentir mal à l’aise par rapport à cette intrusion dans cette autre vie. Ce silence de l’enfant est en effet un « moyen de défense » qu’il met inconsciemment en place pour apprivoiser cette nouvelle situation, la gérer avec un minimum de douleur, l’appréhender même.

 

Trouver un bon équilibre entre l'écoute de l'enfant et le respect de ses silences

Trouver un bon équilibre entre l’écoute de l’enfant et le respect de ses silences

Aider l’enfant à (re)trouver des repères…

Que l’enfant soit en résidence alternée ou dans un autre mode de garde entre les deux parents, il est aussi très important de l’aider à se (re)construire des repères rassurants. Par exemple, pour qu’il n’est pas l’impression déroutante et fragilisante de sans cesse « déménager » sans avoir de « racines », évitez de le faire voguer d’une maison à l’autre avec sa valise de vêtements. Et préférer faire en sorte que, dans chaque maison, il retrouve ses vêtements de chez papa ou ses vêtements de chez maman.

Aider l'enfant à se construire ses racines

Aider l’enfant à se « construire » ses racines

Même chose avec certains jouets importants, avec son bureau, son lit, sa lampe de chevet… Et ce, en fonction de chaque enfant. C’est certes un investissement financier (surtout que, généralement, la séparation appauvrie), mais cela permet de garder un même cadre d’un côté comme de l’autre.

Le tout, en respectant ce « sas » de passage d’une maison à l’autre, sans « sauter » sur l’enfant dès son retour, sans le harceler de questions, sans lui proposer d’emblée un planning chargé… Mais, au contraire, en respectant ce temps nécessaire de réadaptation d’un lieu à l’autre, d’un parent à l’autre.

 

Des capacités d’adaptation étonnantes…

Enfin, et c’est un point très positif de ce livre, il est aussi question de rassurer les parents séparés. Même si, il est vrai, c’est toujours difficiles comme situation de vie, particulièrement avec des petits, les enfants ont tout de même des capacités d’adaptation étonnantes et qui, souvent, donnent des leçons aux adultes.

Les enfants sont capables d"'une force de vie étonnante

Les enfants sont capables d’une force de vie étonnante

Les auteurs en quelques mots…

Le Docteur Nour-Eddine Benzohra est pédiatre, psychiatre, thérapeute familial. Il a écrit ce livre avec Colette Barroux-Chabanol qui est ancienne rédactrice en chef de la revue « L’École des parents ».

 

Infos pratiques

« L’art d’être parents séparés »unknownu

Docteur Nour-Eddine Benzohra et Colette Barroux-Chabanol

Paru en janvier 2017 aux éd. Albin Michel (coll. Pratique)

288 pages

Dimensions : 22,5 cm x 14,5 cm

Prix : 17,50 €

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