« L’homme qui voyait à travers les visages », étonnant !

l-homme-qui-voyait-a-travers-les-visages« L’homme qui voyait à travers les visages », c’est l’une des très belles surprises de cet automne !

Et comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, l’étonnement se cache à chaque page. Avec, cette fois-ci, un sujet ô combien passionnant et détonnant : l’histoire d’un jeune journaliste, témoin malheureux d’un attentat, qui a un don totalement unique, celui de voir à travers les visages et donc de percevoir ce qui motive et hante les uns et les autres.

Derrière cette histoire qui colle, malheureusement, à l’actualité, l’auteur réussi à nous emporter aux confins de l’imaginaire, des rêves et d’une interview étonnante avec un jeune homme aux pouvoirs quasi-divins.

 

L’histoire en quelques mots…

Tout commence par un bruit infernal à Charleroi à la sortie d’une messe… C’est un attentat terroriste. Un jeune homme vient de se faire exploser. Et parmi les badauds atterrés devant cette scène d’apocalypse, il y a Augustin, un jeune homme doté d’un don particulier, celui de voir à travers les visages. Plus exactement, celui de voir les invisibles autour de chacun de nous, des morts qui représentent l’histoire même de notre passé et s’incarnent dans ces êtres invisibles.

Et en y regardant d’un peu plus près, Augustin est même capable de lire en chaque être comme dans un livre, juste en regardant ces morts qui les accompagnent. Ces morts qui parfois dictent la vie et les actes des gens (parce qu’ils les ignorent), ces morts qui collaborent aussi avec les vivants qui acceptent d’être guidés. Et peut-être qu’Augustin voit aussi ces éventuelles personnes qui n’ont pas de morts autour d’eux, qui n’ont donc pas de passé à porter.

L'auteur

Eric-Emmanuel Schmitt

Mais le plus étonnant (dans ce roman au thème tout de même assez saugrenu), c’est que l’auteur lui-même se retrouve propulsé dans cette histoire. C’est souvent le cas avec Eric-Emmanuel Schmitt, mais cette fois-ci, il s’est métamorphosé en un personnage à part entière. Un personnage qui rencontre Augustin dans un jeu de miroirs autour des morts aussi original que passionnant. Alors, lorsque les deux hommes se découvrent sur le papier, le jeune héros ne voit autour d’Eric-Emmanuel Schmitt qu’un mûr de morts. Ce qui n’est d’ailleurs pas si étonnant que ça puisque, comme l’écrit l’auteur (écrivain dans la fiction de son livre comme dans la vraie vie), un écrivain porte en lui énormément d’histoires et de souvenirs tirés de sa propre vie intime mais aussi de toutes ces personnalités qui l’ont influencé. Autour de l’auteur-personnage, Augustin croisent donc une pléiade de visages invisibles, de Diderot, à Charles de Foucault, en passant par Pascal ou d’un moine bouddhistes, et même de nombreux personnages de ses romans.

Et c’est terriblement étonnant que cette rencontre inhabituelle entre un auteur et son personnage principal. C’est étonnant comme un auteur qui devient un vrai personnage pour mener l’enquête au côté du héros.

Car bien sûr, avec Eric-Emmanuel Schmitt, les sujets du Bien, du Mal et du Divin ne sont jamais très loin… Cette fois-ci, c’est dans la rencontre même entre l’auteur-personnage et Augustin que la question de la religion revient, cherchant à comprendre si les religions sont vraiment pacificatrices.

Puis, montant encore d’un ton dans l’étonnement, Eric-Emmanuel et Augustin réalisent leur rêve ultime : l’impensable et extraordinaire interview de Dieu (baptisé le grand oeil dans le livre) par un moyen ô combien hallucinant. C’est donc un magnifique regard sur les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et Islam) que nous propose ce livre très très étonnant.

 

lhpa03_entretien_hommevisagesUn questionnement intrigant et parfois même dérangeant…

Plus que la monstruosité de l’attentat lui-même, Augustin a tout vu. TOUT. Même ce jeune homme mort qui hurlait en silence dans l’oreille du kamikaze et le poussait à agir. C’est donc aussi tout un questionnement passionnant sur le libre arbitre qui va résonner au fil des chapitres de « L’homme qui voyait à travers les visages ».

Un questionnement crucial à auquel le jeune journaliste va chercher à répondre en menant sa propre enquête tout en croisant des personnages haut en couleurs. Allant même jusqu’à se demander si ce n’est pas Dieu lui même qui serait le déterminisme de tels actes… Augustin enquête donc, pour chercher à comprendre le mal, jusqu’à rencontrer le frère de ce terroriste. Sans absoudre son acte. Mais juste pour comprendre.

 

D’étonnement en étonnement…

Eric-Emmanuel Schmitt

L’auteur

Il y a toujours dans les ouvrages d’Eric-Emmanuel Schmitt une phrase hors du temps, hors du propos. Cette fois-ci, à mon sens, c’est à la page 235 quelle se cache derrière ces mots : « Parmi les morts il y a une jeune fille à l’air étonnée »… Une phrase en suspend qui est magnifique car elle résonne, pour l’auteur, dans la vérité de cette jeune fille qu’il a si bien connu, qui se rêvait écrivain mais qui malheureusement n’est plus… Une jeune fille qui, comme dans ce magnifique roman, l’accompagne pas à pas et porte la plume avec lui.

 

 Infos pratiques 

« L’homme qui voyait à travers les visages »

Eric-Emmanuel Schmitt

Paru en septembre 2016 aux éd. Albin Michel

420 pages

Dimensions : 20,5 cm x 14,2 cm

Prix : 22 euros

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