Dans l’intimité de Marie-Antoinette

"Charmer, s'égarer et mourir"

« Charmer, s’égarer et mourir »

Des ouvrages sur Marie-Antoinette, j’en ai déjà beaucoup lu… J’adore l’histoire ! C’est pourquoi je me suis jetée avec avidité sur le dernier sorti aux éditions Albin Michel : « Charmer, s’égarer et mourir ». Et j’ai été enthousiasmée, voyageant dans les pas de la si belle, si énigmatique, si fantasque Marie-Antoinette.

Car ce livre a véritablement quelque chose de différent, certainement à cause des nombreux détails que nous apporte l’historienne Christine Orban. Mais surtout grâce aux nombreux passages dans cet ouvrage où l’auteur parle à la première personne, relatant (assez fidèlement je pense) les pensées secrètes, intimes et profondes de la dernière grande reine de France.

Quant à ce roman historique, il se lit comme un roman, clair, joliment écrit, avec cette petite touche de poésie littéraire qui ressemble tant à Marie-Antoinette. C’est donc un livre délicieux qui se savoure sans modération et vous emporte loin, très loin, du côté de Versailles au XVIIIè siècle.

 

Un avant goût du roman…

Pastel de Marie-Antoinette de 1769 à l'intention du Dauphin afin qu'il puisse faire connaissance de sa future épouse

Marie-Antoinette en 1769, pastel l’intention du Dauphin afin qu’il puisse faire connaissance de sa future épouse

Marie-Antoinette est, selon moi, une vraie héroïne au destin terriblement tragique.

C’est aussi une femme très mal connue et méconnue que beaucoup pensent frivole, dénuée de sens politique… Ce portrait peut flatteur (certainement lié à la rumeur qui a couru dès l’arrivée de la future reine de France à Versailles et s’est amplifiée avec la Révolution française) n’est en fait pas révélateur des qualités de Marie-Antoinette. Car cette femme était avant tout une femme de raison, qui savait qui elle était, qui connaissait l’étendu de son pouvoir, qui aimait certes les attraits du pouvoir mais aussi la possibilité de pouvoir jouer un rôle.

 

Une vie romanesque

En fait, la vie de Marie-Antoinette est romanesque  souhait… Telle l’héroïne d’une grande tragédie, elle est presque, dès son plus jeune âge, prédestinée à être jalousée, haïe et conduite à l’échafaud.

Portrait (1767)

Portrait (1767)

Arrivant en France très jeune, à 14 ans, elle est (et restera) pour beaucoup « l’Autrichienne » (avec toute la méchanceté que pouvait comporter ce mot à l’époque). Belle, jolie, bien faite, elle devient, presque malgré elle, une icône de mode. Une icône certes magnifique mais là encore jalousée par les dames de la haute société.

Cherchant désespérément un souffle de liberté dans cette prison dorée qu’est devenue Versailles, elle n’a quasiment jamais d’intimité, encore moins de liberté. Dès le matin, c’est avec une cinquantaine de personnes autour d’elle que se déroule son lever. Sans qu’elle est le choix, elle est habillée comme on lui dicte avec une étiquette étouffante, maquillée et coiffée de la même façon arbitraire.  Certes, en comparaison de la vie harassante des paysannes de l’époque dans les campagnes, ce sort royal pourrait paraître enviable, mais la jeune reine étouffe et se meurt dans une certaine forme de solitude malgré l’immense cour qui l’entoure.

C’est d’ailleurs pour retrouver une peu d’elle même, pour reprendre les rennes de son destin royal qu’elle s’exilera régulièrement au petit Trianon, dans le parc du château de Versailles. Et, étonnement, ce calme, cette paix, cette sensation d’une certaine liberté, elle la retrouvera aussi aux Tuilleries.

La reine en 1775 à 20 ans

La reine en 1775 à 20 ans

Etonnant portrait de la dernière reine de France que j’ai eu le plaisir de découvrir à travers ce magnifique livre, « Charmer, s’égarer et mourir ». Un ouvrage dans lequel on découvre la reine mais surtout la femme., la vraie femme.

 

Une femme haïe…

Jamais Marie-Antoinette n’a réussi à se faire aimer des Français, à commencer même par les Parisiens. Seule contre tous, elle l’a été toute sa vie… Même son dernier jour où, montant vers l’échafaud, elle perd un soulier, permettant au gazette une ultime moquerie à son égard.

Et dans cet excellent ouvrage, l’auteure cherche à comprendre pourquoi cette femme était aussi détestée, au delà même du contexte historique. Car certes, elle était « l’Autrichienne », l’ennemie. Mais cette détestation allait bien au-delà de ce précepte de départ.

Marie-Antoinette est devenue, presque malgré elle, une icône de mode, l'icône de la richesse du royaume (1775)

Marie-Antoinette est devenue, presque malgré elle, une icône de mode, l’icône de la grandeur du royaume (1775)

Tout d’abord certainement parce qu’elle était une femme. Et les reines de l’Ancien Régime devaient se contenter d’accepter leur condition en silence tout en faisant des héritiers au trône.

Surtout aussi parce qu’elle n’a quasiment jamais été femme, particulièrement dans le lit royal (le roi Louis XVI, qui ne l’aimait pas ou si tardivement, étant impuissant à cause d’un blocage psychologique). C’est donc la petite Marie-Antoinette de son enfance qu’elle cherchera toute sa vie à retrouver. Allant même à écrire tous les jours à sa mère pour maintenir ce fil si ténu avec son passé. Mais, l’auteure nous démontre avec force de détails que la reine n’était pas une espionne, même aux Tuileries lorsqu’elle écrivit aux siens pour demander de l’aide. Ce n’était qu’un geste ultime de survie de sa part. Espionnée, oui Marie-Antoinette l’était, espionne, certainement pas.

Et puis aussi parce que le couple royal cristallisait le mécontentement de décennies de dépenses royales outrancières, particulièrement sous Louis XIV, ce roi qui voulait être aussi grand que le soleil.

Le couple royal

Le couple royal

Très malade, très faible à la fin de sa vie, Marie-Antoinette semblait donc prédestinée à une fin si tragique. Pourtant, malgré tout, elle est restée digne, droite, debout et belle jusqu’à son dernier souffle.

L’auteure en quelques mots…

Élevée au Maroc, à Casablanca, Christine Orban est critique littéraire et romancière, une romancière prolifique d’ailleurs.

L'auteure

L’auteure

Devenue clerc de notaire après des études de droit comme le souhaitait son père, la jeune femme se sent néanmoins irrésistiblement attirée par la littérature et publie son premier roman en 1986, « Les Petites filles ne meurent jamais », sous le nom de Christine Rheims.

Si plusieurs suivent, les plus connus restent « L’Âme sœur », « J’étais l’origine du monde », »Fringues et Mélancolie du dimanche ».

 

Infos pratiques

« Charmer, s’égarer et mourir »

Christine OrbanUnknown

Paru en avril 2016 aux éd. Albin Michel

304 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 19,50 euros

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