« Dispersez-vous, ralliez-vous », aussi étonnant qu’exaltant !

Unknown2Rarement j’ai eu autant de mal à mettre des mots sur un roman…

Et en effet, comment raconter ce qui ne peut que se lire, se ressentir au fond des trippes, se vivre comme une expérience de lecture à part ?

C’est donc un peu ennuyée que je démarre cette chronique du dernier (génialissime) roman de Philippe Djian, « Dispersez-vous, ralliez-vous ».

Un roman étonnant, un roman qui ne ressemble à aucun autre, un roman envoûtant, une vraie très belle surprise comme je les aime !

 

Un avant goût de l’histoire…

Myriam est une ado comme tant d’autres… Pas vraiment paumée, mais pas vraiment exaltée non plus à l’idée de croquer la vie. Plutôt introvertie, elle porte un regard vide et insensible sur son début d’existence, traînant sa maigre carcasse sans appétit.

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Elevée par un père qui fait ce qu’il peut depuis que sa femme les a plaqué, lui et ses deux enfants, Myriam donne pour sa famille l’impression d’avoir le cœur dur (presque aussi dur que sa mère d’ailleurs).

Ballotée par une vie sans beaucoup d’amour, Myriam est une ado sans vraiment d’ambition ni d’appétit de vivre, se contentant de subir les événements plutôt que de les bousculer.

Même le départ forcé de son frère, Nathan (chassé par leur père), semble l’avoir laissé de marbre. En fait, elle n’éprouve pas grand chose pour les autres. Ne les haïssant pas, mais ne débordant pas d’amour non plus… Même face à cette pauvre vieille, sa voisine, qui s’est suicidée, elle reste impassible et insensible.

L’arrivée de Yann, son nouveau voisin, un homme d’une quarantaine d’années, bouleverse un peu son existence. Mais en fait, pas tant que ça… Il devient son premier amant, puis son mari, puis le père de sa fille Caroline. Mais, même pour cette enfant, la chair de sa chair, elle n’éprouve pas cet amour maternel si bestial. Non, elle se contente de son occuper, machinalement, presque mécaniquement.

L'auteur et son roman

L’auteur et son roman

Et ainsi va la vie pour Myriam qui survole sans existence sans vraiment laisser de traces.

Même à la mort de son père, lorsque sa mère et son frère réapparaissent (enfin) pour se disputer l’héritage paternel, elle reste en apparence insensible. Se contentant de balayer d’un trait cette famille qui l’a oublié en mettant le feu à la maison de son enfance. Les émotions continuant à couler sur elle sans vraiment jamais l’atteindre.

 

Un livre totalement différent

Et on suit ainsi, pendant quinze ans, la vie morne et étonnante de cette jeune femme devenue femme.

Femme-solitude-noir-et-blanc-123RF45010655_s-e1444415973470Une femme qui se confie à nous, un peu comme une dernière bouteille jetée à la mère. Nous jetant à la figure des petites tranches de vie et nous laissant, sans un regard de compassion, combler les manques et les non-dits d’une existence qu’elle ne dévoile que très partiellement.

Drogue, amants, maîtresses, confusions des sentiments, Myriam joue avec cette vie qu’elle ne semble pas aimer, une vie hors des codes, hors de la société. Une vie qu’elle traverse comme une funambule sur un fil en pleine tempête. Et c’est cet état d’urgence sous-jacent et permanent qui tient en haleine. Cette sensation étouffante et envoûtante qu’à la prochaine page la jeune femme va finir par tomber.

Le tout magnifié par l’écriture au couteau (très très aiguisé et acéré) sans concession de Philippe Djian qui nous livre un roman presque irrespirable, tant ses phrases courtes sont millimétrées pour faire mouche à chaque fois.

« Dispersez-vous, ralliez-vous », c’est donc l’histoire hors norme d’une jeune femme hors norme. Un livre hors des codes qui ne peut pas vous laisser de marbre.

A découvrir absolument.

 

Infos pratiques

« Dispersez-vous, ralliez-vous »Unknown3

Philippe Djian

Paru le 3 mars 2016 en aux éd. Gallimard

208 pages

Dimensions : 14 cm x 20,5 cm

Prix : 18 €

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