« Les cahiers d’Esther », une BD drôle et juste !

Unknown2La vraie Esther existe. C’est une petite fille en chair et en os qui, du haut de ses 10 ans, a un avis sur presque tout avec, en plus, cette candeur du regard d’un enfant qui fait toute la différence.

Et c’est cette idée que la BD « Les cahiers d’Esther » était vraiment ancrée dans la réalité, dans notre réalité, qui m’a séduite au départ, en commençant à feuilleter cet ouvrage. Et puis, au fil des pages, je me suis fait happer par ces petites histoires racontant la vie d’une fillette de CM1, habitant Paris, une écolière nous offrant un regard à la fois pur et très juste sur notre monde, nos peurs, nos dérives, nos idoles, nos modes de vie, notre culture et nos joies.

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Première rencontre avec Esther…

Esther est une gamine comme des centaines d’autres en France et, plus largement, dans nos sociétés occidentalisées. Elle a une maman (« très sympa »), un papa (quelle « aime d’amour ») et un grand frère (Antoine, selon elle « abruti » car il passe sont temps devant les écrans).B115pRsIMAAulpy

Elle va à l’école en CM1, rêve d’avoir (enfin) un téléphone portable (mais ses parents l’ont prévenu que ce ne sera pas avant la 6e), elle ne comprend pas tout de notre monde qui souvent ne tourne plus très rond, et, de Beyoncé aux attentats de Charlie Hebdo, en passant par les relations entre les filles et les garçons, la culture, les faits divers ou la politique, elle nous raconte une année de sa vie avec humour, finesse, tendresse et ce coup de crayon si juste de Riad Sattouf qui fait toute la différence.

 

Morceaux choisis…

Plus qu’une BD, « Les cahiers d’Esther » nous offre donc un regard tendre et acéré sur notre société d’aujourd’hui.

Et lorsque l’on découvre que, comme nombre de ses congénères, Esther rêve de devenir chanteuse comme Tal et de se marier avec Kendji, on se dit que peut-être y’a un truc qui cloche…

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Son rêve ? Un i-phone 6 (comme sa copine Eugénie qui a de la chance d’en avoir déjà un… Surtout qu’elle a aussi la télé dans sa chambre… En fait « elle est très riche Eugénie » car elle a un téléphone)… Même un i-phone 4 à la limite ça suffirait à Esther, mais ses parents sont intransigeants : le téléphone portable ce ne sera pas avant la 6e. Ce qui lui fait dire que c’est elle « la plus pauvre de la famille ». Surtout que ses parents lui répètent à longueur de temps d’aller lire des livres plutôt que de regarder des écrans alors que eux passent leur temps sur les écrans !

les_cahiers_d_esther_iphoneComme nombre de fillettes de son âge, Esther parle des garçons bien sûr, elle s’est d’ailleurs déjà mariée devant tout le monde dans la cour de l’école… Mais le prince charmant n’était pas si charmant que ça puisqu’il a rapidement « divorcé » sans vraiment la prévenir…

Elle a aussi un regard étonnant et désopilant sur les gens qui, selon elle, sont les « populaires ». Comment ? En ayant au moins une personne qui a des origines lointaines dans sa famille. Mais elle, pas de chance, ses racines les plus lointaines sont quelque part en… Bretagne. Ô désespoir !

J’aime aussi le regard de cette petite fille sur le monde de la musique et ses pseudo-chansons soi-disant engagées où, pour faire plus d’jeunes, il faut être truffé de vulgarités.

Esther apporte enfin un regard très intéressant sur l’actualité. Car elle la découvre à travers les copains, la maîtresse et ce qu’elle entend. Et même si ses parents croient lui avoir correctement expliqué les infos, et bien la fillette ne comprend pas toujours tout…  Par exemple, « mais qui était ce Charlie ? » se demande-t-elle pendant la minute de silence où elle pouffe plus ou moins de rire, surtout parce qu’elle ne comprend pas bien ce qui se passe…pages-de-l_obs-n-2630-2-au-8-avril-20151

Bref, en tant que parents, cette BD est à la fois drôle, réaliste, salvatrice et nécessaire.

« Les cahiers d’Esther », une BD qui fait du bien !

 

L’auteur en quelques mots…

C’est en rencontrant la fille d’un couple d’amis, la vraie Esther, dix ans, que le dessinateur Riad Sattouf a eu la (très) bonne idée de chroniquer ses aventures, chaque semaine, dans le magazine « L’Obs ». Et pour cette nouvelle année, autre très bonne idée, l’auteur nous propose maintenant une compilation de ses dessins hebdomadaires regroupés dans cette BD « Les cahiers d’Esther ».

Une bande dessinée dans laquelle il se glisse dans la peau de l’écolière pour croquer notre monde avec une histoire par semaine.

L'auteur, Riad sattouf

L’auteur, Riad sattouf

Et l’auteur a déjà en tête de poursuivre cette saga en sortant un album par an jusqu’au 18 ans d’Esther. On pourra donc la voir grandir, évoluer, changer d’avis ou conforter ses idées…

Enfin, et il faut le signaler car c’est important, c’est Riad Sattouf qui, le premier, a décidé de se retirer de lui-même de la liste des auteurs nommés pour le Grand Prix du Festival de la BD d’Angoulême, en protestant ainsi sur le fait qu’aucune femme n’était nommée. Alors là, bravo et merci monsieur ! La C-L-A-S-S-E !

 

Infos pratiques

Unknown« Les cahiers d’Esther »

Riad Sattouf

Paru le 21 janvier 2016 aux éd. Allary Editions

56 pages couleurs

Dimensions : 24,5 cm x 31 cm

Prix : 16,90 euros

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