Pourquoi les filles jouent à la poupée et les garçons aux voitures ?

UnknownC’est presque de façon innée que nous offrons des poupées aux fillettes et des petites voitures aux garçons. C’est ainsi, dès notre plus jeune âge, la société nous enferme dans un déterminisme social sexué. Alors, que révèlent tous ces cadeaux qui joncheront le pied du sapin au matin du 25 décembre ?

 

Pourquoi les garçons ne jouent pas forcément à la poupée ?

Depuis quelques semaines, les rayons des grands magasins se métamorphosent en caverne d’Ali Baba du jouet. Un véritable paradis pour les enfants qui  passent de longues minutes à regarder toutes ces montagnes de trésors.images4444

Et dans les magasins, comme d’ailleurs dans les pages des publicités, la séparation entre les jouets de garçons et ceux de filles est très nette. D’un côté les poupées et les dinettes, de l’autres les voitures et les établis.

Mais ce qui est très étonnant, c’est de regarder les réactions des enfants devant les jouets. Alors que vers l’âge de 1 à 2-3 ans, ils ne montrent pas d’emblée de préférence très marquée entre jeux de filles et de garçons. Plus tard, vers 4-6 ans, les petites filles sont plutôt attirées vers les rayons débordant de rose et de poupons, les garçons vers les rayons à tendance bleue regorgeant de deux et quatre roues.

Mais cette réaction est-elle innée ? Ou sommes-nous, si petits, déjà formatés ?

 

enfantsjouetsNoël4Et si tout commençait bien avant la naissance ?

Avec les progrès médicaux, à commencer par l’échographie, les parents savent généralement au cinquième mois de grossesse s’ils vont avoir une petite fille ou un petit garçon. Avant même sa naissance, bébé a donc sa place dans la filiation et la société. Les parents s’imaginent déjà cet enfant à naître, ils se projettent, préparent son arrivée, en pensant garçon ou fille. Et dans beaucoup de cas, les chambres sont bleus ou roses, les tenues et les jouets aussi.

Les jouets sexués ne sont donc qu’un prolongement de cette différenciation sexuée que la société façonne. Et cela va très loin. En effet, on dira souvent d’un garçonnet qu’il est « grand » et d’une fillette qu’elle est « mignonne ». On interprètera les pleurs d’un garçon comme une « colère » et ceux d’une fille comme un « caprice ». On inscrira plus facilement une fille à la danse et un garçon au football. Et moins souvent l’inverse. Inconsciemment, les parents projettent donc sur leur enfant des stéréotypes en fonction de leur sexe. Et ce, volontairement ou pas.

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Des jouets depuis quand ? 

A quand remontent les premiers jouets ? Difficile à dire. Même s’il est probable que les petits aient toujours eu tendance à jouer.

Unknown%22D’ailleurs, si on remonte autour de 3 à 4000 ans avant notre ère, des poupées en bois et des représentations d’enfants en train de jouer ont été retrouvés. En Egypte, en Mésopotamie et un peu partout où il y a des fouilles. Des trouvailles qui renseignent sur la fonction très sexuée du jouet.

Le jouet n’était donc déjà pas anodin. Et cette différenciation sexuelle a perduré au fil des siècles.

Pendant l’Antiquité par exemple, les jeux permettaient d’initier les petits à leur futur métier. Dès cette époque, filles et garçons n’avaient donc pas les mêmes occupations.

Au Moyen Âge, les garçons avaient de petites épées et les filles des poupées. Plus tard, au XIXe siècle, les jeux de filles les préparaient à devenir de bonnes mères et les garçons de bons guerriers.

 

Des jouets en phase avec le partage des tâches ?enfantsjouetsNoël1

Aujourd’hui encore, les jeux sont un outil d’imitation. Les enfants voulant faire comme les grands.

Pourtant, alors que le partage des tâches quotidiennes tend à s’équilibrer un peu plus ces dernières décennies (les hommes s’occupant tout de même plus des enfants et tâches ménagères que leurs parents), ils semblent que les fabricants de jouets continuent dans leur ensemble à penser que maman repasse pendant que papa répare la voiture.

 

Les jouets sont-ils sexistes ?

La très grande majorité ses jouets ne sont pas sexistes en eux même, mais le deviennent. Sur le packaging par exemple ou dans les publicités, des fillettes sont forcément en photos avec le fer à repasser et des garçons avec le garage. Très très rarement l’inverse. Ainsi, insidieusement et très rapidement, les petites filles et les petits garçons sont conditionnés.

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Et puis il faut bien le reconnaître : dans les faits, sommes-nous prêts, en tant que parents, à offrir un costume de cow-boy à une fillette et un costume de princesse à un garçon ? Pas si facile…

Et, à ce petit jeu, les garçons semblent d’ailleurs les plus pénalisés dans notre esprit collectif. En effet, une petite fille qui joue avec et comme les garçons est qualifiée avec affection de « garçon manqué ». Alors que l’inverse est encore difficile à accepter par les parents, les copains et l’entourage. Comme si le petit d’homme, dès son plus jeune âge, devait endosser les valeurs ancestrales de l’homme fort, guerrier.

 

enfantsjouetsNoël6Mon fils adore jouer à la poupée, est-ce grave ? 

Votre petit dernier délaisse ses petites voitures pour les poupées de sa sœur. Laissez-le faire. Peut-être est-il intimidé ou apeuré par les jeux plus « violents » des garçons de son âge ? Peut-être joue-t-il aussi à imiter son papa qui change les couches et s’occupe des enfants ? Pourquoi les petits garçons devraient-ils forcément jouer aux jeux dits plus masculins ?

A l’inverse votre fille adore jouer aux petites voitures et construire des avions ? Elle aussi est en plein rôle d’imitation. Maman tond bien la pelouse et bricole dans la maison. Alors, pourquoi pas elle ?

Notre société évolue, le partage des tâches ménagères, sans être encore à l’équilibre, y tend lentement. De plus en plus d’enfants sont élevés dans des familles monoparentales où le papa endosse aussi le rôle de la maman et inversement. Il n’est donc plus si étonnant de voir sa maman bricoler ou son papa faire le ménage.

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Les enfants qui sont donc en plein rôle d’imitation de l’adulte peuvent donc aussi reproduire cela dans leurs jeux.

D’ailleurs, petits, les enfants s’intéressent aux mêmes jeux. En crèche, chez la nounou, dans une salle des jeux, ils ne se dirigent pas forcément vers les jouets qui leur sont « prédestinés ». C’est plus tard, vers 4 à 6 ans, que les filles se dirigent plus facilement vers les poupées et dinettes à l’inverse des garçons qui leur préfèrent les voitures et épées. Influencés par la société, la publicité, les propos de leurs parents, de leurs familles, des copains de l’école…

 

Comment prendre le contre-pied des jouets sexués ?enfantsjouetsNoël3

Si les jouets sexués vous agacent et que vous souhaitez sortir du rose pour les filles et bleu pour les garçons, optez pour des jouets de couleurs plus neutres. De même pour la chambre d’enfant ou la salle de jeux.

Si vous avez un garçon et une fille, vous pouvez aussi, dans la salle de jeux, leur faire un coffre à jouets communs.

Et rien ne vous empêche, si vous avez que des garçons ou que des filles, de leur payer une poupée à l’un ou une voiture à l’autre. Surtout s’ils vous le réclament.

Alors, quels jouets le Père Noël va-t-il leur amener cette année ? Vaste question…

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