« Tous nos noms »… Bouleversant de justesse !

UnknownS’il y a un roman qui, en cette rentrée, résonne terriblement avec l’actualité internationale si troublée, c’est bien celui de Dinaw Mengestu, « Tous nos noms ».

Certes, l’histoire de ce très bon livre se joue dans les années 1970 entre l’Ouganda et les Etats-Unis, mais les événements, les sentiments, les peurs, les frustrations, les espoirs, les personnages ressemblent à s’y méprendre aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui, si épris de liberté et de (folles) espérances.

Sans tomber dans la thèse assommante ou dans le reportage larmoyant, « Tous nos noms » est une histoire d’humains, un roman mélancolique et juste.

Un vrai très bon roman à découvrir absolument.

 

Un avant-goût de l’histoire…

Isaac ne souhaite qu’une seule chose : changer de vie, redémarrer une autre vie loin, très loin de l’Ouganda, son pays meurtri par une guerre civile terrible.

Errant depuis toujours sur son propre continent, allant jusqu’à changer de nom pour renaître totalement, l’étudiant est contraint de fuir vers les Etats-Unis, un pays en forme d’Eldorado pour lui, qui reste pourtant, dans les années 70, encore traumatisé par la guerre du Vietnam.

L'auteur,

L’auteur, Dinaw Mengestu

Perdu dans cette Amérique post-raciale qu’il ne comprend pas, Isaac porte comme un fardeau malheureux sa Terre qu’il ne peut se résoudre à oublier. Et c’est une succession de « petites » vexations raciales qui jalonnent son parcours avant qu’il ne rencontre, au cœur de l’Amérique rurale qu’est le Midwest, Helen, une jeune assistante sociale éprise d’une envie de gommer les inégalités.

Choc des cultures, choc des envies, choc des espérances, Isaac et Helen se rencontrent, tentent de s’apprivoiser dans une relation d’amitié virant à l’amour. Tout en découvrant, un peu plus chaque jour, ce monde qui leur renvoie à la figure leurs différences, leurs cruelles et inacceptables différences dans une société encore terriblement figée, voire hostile.

Et j’ai particulièrement aimé ce regard de l’un sur l’autre, cette confrontation pipée dès le départ. Sans faux-semblant, mais sans tomber non plus dans un misérabilisme exacerbé, l’auteur nous montre au fil des lignes, avec pudeur et justesse, la difficulté pour Isaac de se (re)construire sans pour autant renier cet autre qu’il était en Afrique. Et la difficulté pour Helen de s’affirmer dans cette société qui l’étonne et souvent la déçoit.

J’ai aussi aimé cette façon d’humaniser ce phénomène si complexe de la migration forcée. Cette façon de faire battre un cœur derrière la fuite, le chaos et la solitude.

Et puis je me suis particulièrement attachée à ces deux personnages cassés par la vie : Helen, assistante sociale d’une trentaine d’années, qui se dévoue corps et âme à son travail, au point de passer à côté de sa propre vie. Et Isaac, fracassé par une guerre civile, réussissant à poursuivre ses études au cour des Etats-Unis, rêvant de devenir écrivain tout en se cachant derrière ses peurs, ses rêves perdus, sa fuite sans réponse… Et cette rencontre de ces deux êtres est magnifique, mélancolique, juste, touchante et totalement bouleversante.

Deauville

Roman Prix littéraire 2015 du Festival de cinéma américain de Deauville

Enfin, mention spéciale à la couverture si particulière et intrigante qui donne le ton de ce merveilleux livre.

 

L’auteur en quelques mots…

Né à Addis-Abeba en 1978, avant d’émigrer aux États-Unis avec sa famille l’année suivante, Dinaw Mengestu est l’auteur des Belles choses que porte le ciel (2007, Prix du Premier Roman étranger, sélectionné par le magazine LIRE parmi les vingt meilleurs livres de l année) et Ce qu’on peut lire dans l’air (2011, Prix Mahogany). Distingué en 2007 par la National Book Foundation comme l’un des cinq meilleurs jeunes auteurs américains, puis en 2010 par le New Yorker qui le sélectionne parmi les vingt meilleurs écrivains américains de moins de 40 ans, Dinaw Mengestu a été élu en 2012 parmi les lauréats des « genius grants » attribués chaque année par la prestigieuse MacArthur Foundation.

 

Infos pratiques

« Tous nos noms »Unknown3

Dinaw Mengestu

Traduit en français par Michèle Albaret-Maatsch

Paru en août 2015 aux éd. Albin Michel

336 pages

Dimensions : 20,5 cm x 14 cm

Prix : 21,50 euros

 

UnknownDes prix qui en disent longs…

Classé parmi les dix meilleurs romans de l »année par le New York Times.

Élu « livre de l’année » par le quotidien britannique The Independent.

Prix littéraire 2015 du Festival de cinéma américain de Deauville

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