« Le crime du comte Neville » d’Amélie Nothomb… Succulent !

UnknownC’est devenu une (agréable) tradition de la rentrée littéraire : tous les ans, dans les tous premiers livres qui annoncent l’automne, se cache toujours LE nouveau Amélie Nothomb.

Et la très bonne nouvelle de cette rentrée, c’est que le cru 2015 est bon, très bon, excellent même !

« Le crime du comte Neville » (facétieux clin d’œil à Oscar Wilde) est une enquête truculente à souhait dans une garden-party d’un aristocrate belge complètement désargenté, si sans-le-sous qu’il va devoir vendre son château familial.

Et ce qu’il y a de délicieusement fou et joyeux à la fois avec Amélie Nothomb, c’est qu’elle distille du bonheur comme des petites bulles de champagne qui pétillent encore dans la tête longtemps après avoir terminé ses livres qui semblent (tant ils sont écrits avec cette finesse décalée si propre à Amélie) toujours trop courts.

 

L’histoire en quelques mots…

L'auteure, Amélie Nothomb

L’auteure, Amélie Nothomb

Le comte Henri de Neville est un aristocrate… belge. Et oui, il y en a encore quelques-uns en Belgique ! Mais celui-ci, sous la plume totalement fantasque et délurée d’Amélie Nothomb, est désargenté. Contraint de vendre le château de ses ancêtres, pourtant dans sa famille depuis 1799.

Et rien ne va vraiment plus pour ce pauvre (dans tous les sens du terme) homme puisqu’une voyante lui prédit qu’il va tuer l’un de ses invités lors de cette ultime garden-party au château, une fête d’adieu à ses mûrs qu’il donnera prochainement… Et la date de cette mort annoncée trotte et trotte dans la tête du comte -qui compte ses dernières pièces et ses dernières heures- comme les aiguilles d’une infernale pendule : le 4 octobre.

Tout est alors chamboulé dans la vie du comte. Tuer, c’est en effet indécent pour lui, mais pas non plus totalement inacceptable. Mais tuer un de SES invités, c’est inconcevable. Cela ne se fait dans la noblesse belge !

Et puis surtout qui ? Qui va-t-il devoir tuer ? La question le torture…

Amélie Nothomb dont la voix se mélange à celle de Sérieuse, son héroïne

Amélie Nothomb dont la voix se mélange à celle de Sérieuse, son héroïne

C’est alors que l’un de ses trois enfants, sa fille baptisée « Sérieuse », lui propose une solution étrange : être la victime, être sa victime.

Et cette solution étonnante, elle la défend, suppliant même son père atterré. Car Sérieuse ne vit plus, elle survit dans un monde où elle ne ressent plus rien, plus aucune émotion, plus aucune sensation. Après un choc amoureux qui ne dit pas son nom, elle est fatiguée par la vie, fatiguée par son monde. Et la jeune femme s’autorise donc l’ultime fantasque d’un assassinat « paternel », espérant ainsi ressentir enfin une dernière et si attendue émotion.

Au travers de l’histoire de Sérieuse, c’est une satire sociale, acérée et truculente de l’aristocratie belge (et l’aristocratie en général) que nous offre, avec le brio qu’on lui connaît, Amélie Nothomb. Et comme toujours, c’est divinement écrit, sur le fil du rasoir, entre tragédie et comédie.

 

Joli clin d’œil drôlissime à Oscar Wilde…

Comme toujours, l'écriture d'Amélie Nothomb, se reconnaît en quelques mots

Comme toujours, l’écriture d’Amélie Nothomb se reconnaît en quelques mots

Amélie Nothomb le reconnaît elle même, elle a voulu avec ce nouveau roman faire un joli clin d’œil (réussi) à Oscar Wilde.

Et dès le titre, elle annonce la couleur…

« Le Crime du comte Neville » résonne en effet en écho au roman « Le Crime de lord Arthur Saville ». Et c’est avec malice que la belle au chapeau noir plonge dans l’univers de ce Lord Arthur pour créer son conte et son Comte.

Mais loin de tomber dans les travers peu avouables de la copie, Amélie assume et dépoussière à sa sauce le texte du grand Oscar Wilde. Elle le passe sans complexe à sa moulinette délirante et ubuesque, le transposant dans un autre monde.

Le résultat est ce roman aiguisé à souhait, écrit à la plume et au couteau, aux dialogues délirants, ubuesques et incisifs. Bref, « Le Crime du comte Neville », c’est du grand, du très grand Amélie Nothomb !

A découvrir absolument pour bien attaquer cette rentrée !

 

Infos pratiques

u2« Le Crime du comte Neville »

Amélie Nothomb

Paru en août 2015 aux éd. Albin Michel

144 pages

Dimensions : 20 cm x 13 cm

Prix : 15,00 euros

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