Tous hyperactifs ? Pas si sûr !!!

UnknownLe débat fait rage actuellement : la Haute Autorité de Santé vient de reconnaître une pathologie qu’on a longtemps banalisée et appelée l’hyperactivité. Mais depuis peu, les spécialistes auraient mis le doigts sur une pathologie : le TDAH ou Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Un trouble qui toucherait 4 à 5% des enfants et qui est surtout à l’origine de nombreuses polémiques dans le monde de la pédiatrie et de la psychologie.

Pourtant, nombre de voix (particulièrement dans le milieu médical) s’élève contre ces nouvelles pathologies qui n’en sont pas vraiment…

C’est pourquoi j’ai lu avec plaisir et intérêt le tout nouveau livre du psychiatre et psychanalyste Patrick Landman « Tous hyperactifs ? » au sous titre qui donne encore plus évocateur « L’incroyable épidémie des troubles de l’attention ».

Et ce livre fait l’effet d’une bombe dans le monde médical ! De nombreux enfants, adolescents et adultes étant diagnostiqués beaucoup trop rapidement et facilement hyperactifs à tort.

 

Mais l’hyperactivité, c’est quoi ?Unknown3

Pendant très longtemps, dès qu’un enfant bougeait beaucoup (mais c’est bien le propre d’un enfant de découvrir le monde sans relâche), il était très rapidement catalogué comme hyperactif, par des médecins, souvent, mais aussi de façon arbitraire (et avec bien peu de connaissances en la matière) par la société en général : famille, nounou, enseignants…

Pourtant, il y a une grande différence entre le déficit réel d’attention (la difficulté importante à se concentrer) et l’hyperactivité motrice.

Unknown2Un constat est effrayant : actuellement, en France, 8 à 9000 enfants prennent un traitement pour gérer leur hyperactivité. Un traitement à base de Ritaline (psychostimulant dont on ignore les effets à long terme) qui est loin d’être anodin ! Et lorsque l’on sait que ce traitement a été donné trois à quatre fois plus qu’il y a cinq ans dans notre pays, il est légitime de se demander où est le problème ?! Trop d’enfants (mais aussi d’ados et d’adultes) sont-ils diagnotisqués… à tort ?

 

Des ados et adultes tous hyperactifs ? Pas vraiment…

Tous parents d’ados (moi la première) vous le diront : un ado, ça bouge, ça ne tient pas vraiment en place, c’est distrait, ça a nombre de changements d’humeur… Bref, un ado est un volcan émotionnel !

Pourtant, rassure le docteur Patrick Landamn, « un adolescent qu’on dit à tort ou à raison hyperactif est (NDLR : dans la très très grande partie des cas) normal. Pourquoi ? Parce que les signes sur lesquels on diagnotique cette soi-disant hyperactivité sont en fait des signes non spécifiques ». Par exemple un ado distrait, un ado qui ne veut pas suivre en classe, un ado qui ne se concentre pas, un ado qui a des conflits avec ses parents, un ado qui a tendance à prendre des risques inutiles, bref un ado quoi est plutôt la normalité. Le diagnotisque étant donc souvent posé trop rapidement chez les ados.images2

Et il en va de même avec les adultes selon l’auteur, psychiatre et psychanalyste, : « un adulte qu’on dit à tort ou à raison hyperactif est un adulte distrait, débordé, stressé, qui n’arrive pas à s’organiser, qui peut traverser une période d’instabilité sentimentale ou professionnelle… » Bref, cela peut-être le portrait de tout le monde à un moment ou un autre de sa vie.

Pour toutes ces raisons, le docteur Patrick Landman jette donc un énorme pavé dans la mare médicale en estimant que « le diagnostique de l’hyperactivité n’est donc absolument pas crédible, nous pouvons tous avoir, à certaines périodes de notre vie ce genre de comportements sans forcément être hyperactif ».

Et c’est là qu’il y a soucis. Car, si on prescrit à tort à des ados ou des adultes de la Ritaline, les conséquences peuvent être importantes. « Pour les ados, les conséquences peuvent être un retard staturo pondéral » (c’est à dire un retard de Unknown4croissance) et ce, en terme de poids et de taille. Et pour ados comme adultes, ce médicament peut aussi entraîner « des troubles cardio vasculaires, des troubles de l’appétit pouvant aller jusqu’à l’anorexie, de l’insomnie et parfois des phénomènes d’excitation se prolongeant toute la journée ».

 

Mais comment en est-on arrivé à ces diagnostiques massifs ?

Sans mâcher ses mots et avec beaucoup de clarté dans ses propos, le docteur Patrick Landman pointe notre société aseptisée où, toute personne un peu débordée, un peu trop active ou trop distraite, est cataloguée trop rapidement comme hypercative.images3

« Ce sont les firmes pharmaceutiques qui ont voulu ouvrir le marché des adolescents et des adultes à leurs produits », la Ritaline en tête. Et puis, « la pression sociale scolaire, la pression sociale des parents, la pression sociale de la société en général fait aussi que l’on supporte de moins en moins les comportements perturbateurs et la non performance réitérée ». Tout ça, conjugué au fait que l’on a « étendu abusivement le diagnostique d’hyperactivité à de plus en plus de gens et à tous les âges de la vie », les personnes âgées étant, pour l’instant, les seules épargnées.

 

Médicament par facilité ?

images6Le docteur Landman va même plus loin en précisant que, selon lui, « le TDAH (trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) n’existe pas scientifiquement : rien n’a été découvert, ni en génétique, ni en biochimie, ni en imagerie… » Le TDAH serait donc né avec la découverte du méthylphénidate, plus connu sous le nom de Ritaline. Le regroupement des trois symptômes censés mettre en lumière le TDAH (hyperactivité, troubles attentionnels et impulsivité) datant en effet « de la mise sur le marché de la molécule par les firmes pharmaceutiques ». Tout cela ne serait donc rien de plus que du psycho-marketing !…

La question se pose donc très clairement avec ce livre passionnant sur la facilité à poser trop vite un diagnostique et à donner, surtout à des enfants et des ados en pleine croissance, un médicament qui est très loin d’être anodin. La Haute Autorité de Santé venant d’ailleurs de demander aux médecins de faire attention à poser avec soin (plus de soin ?) leur diagnostique avant de le prescrire.images

Et au fil des pages, on se rend compte en fait, le diagnostique de ces troubles est assez complexe, très même. Et lorsque l’on sait que le TDAH ou Trouble déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité est le premier motif de consultation en pédopsychiatrie en France et justifie la prescription de dérivés d’amphétaminiques dont on ignore les effets à long terme, nous sommes en droit de se poser des questions…

Alors, comment ce syndrome, si rare il y a trente ans, est-il devenu un problème de santé publique important pour les uns et une fausse épidémie, voire une catastrophe nationale, pour les autres ?

Un ouvrage passionnant, facile à lire et qui pose de nombreuses questions sur notre société où la performance générale prime sur l’individu.

A découvrir !

 

L'auteur, le Dr Patrick Landman

L’auteur, le Dr Patrick Landman

L’auteur en quelques mots

Patrick Landman est psychanalyste, psychiatre (ancien chef de clinique), pédo-psychiatre (directeur d’un CMPP), juriste (Docteur en droit).

Il a publié pour un large public « Tristesse business, Le scandale du DSM 5 » (Max Milo, 2013). Il vit à Paris.

 

Infos pratiques

« Tous hyperactifs ? »

Sous titre : « L’incroyable épidémie des troubles de l’attention »

Ecrit par le Dr Patrick Landman

Préface du Pr Allen Francesimages

Paru en février 2015 aux éd. Albin Michel

234 pages

Dimensions : 20 cm x 13 cm

Prix : 17 €

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